La mythologie et le théâtre de Jean Cocteau – Œdipe
La mythologie et le théâtre de Jean Cocteau – Œdipe

La mythologie et le théâtre de Jean Cocteau – Œdipe

L’œuvre de Jean Cocteau que nous allons regarder, c’est La Machine Infernale, publiée en 1934. C’est une interprétation de l’histoire d’Œdipe1, décrite par Sophocle2 dans sa tragédie Œdipe roi. Œdipe était un fils de Laïos et Jocaste,les rois de Thèbes, de la dynastie des Labdacides. Dans le mythe, l’oracle de Delphes prédit à Laïos et Jocaste que leurfils va tuer son père et se marier avec sa mère. Donc, après la naissance du garçon, ils lui percent les pieds et son domestique l’abandonne à la montagne. Un berger le trouve et le porte à la cour de Polybe, roi de Corinthe, qui l’élève comme son propre fils. Il obtient le nom d’Œdipe qui signifie « celui avec les pieds enflés ». Quand il grandit, il s’informe sur la malédiction et il s’éloigne pour éviter le destin. En chemin, il rencontre un roi avec ses courtisans et il les tue. À Thèbes, il va au Sphinx qui chaque jour enlève les gens de la ville et qui avait dit qu’il allait partir uniquement au moment oùquelqu’un allait répondre a sa devinette: «Qu’est-ce qui marche à quatre pattes le matin, à deux le midi et à trois le soir?». Œdipe lui donne la réponse, que s’est un homme qui marche à quatre pattes dans l’enfance, à deux quand il est adulte et à trois étant âgé, et le monstre se jette dans un précipice. Créon, roi de Thèbes et frère de Jocaste, a annoncé que celui qui allait battre le Sphinx allait devenir le roi et épouser la reine, Jocaste qui était veuve. Œdipe donc tue son père et épouse sa mère, comme l’avait prédit l’oracle. Ils vivent heureux et ils ont deux fils, Étéocle y Polynice, et deux filles, Antigone et Ismène. Ensuite, des catastrophes ravagent à la ville.L’oracle de Delphes annonce que ce malheur va durer jusqu’au moment où le tueur de Laïos se sera dénoncé. Œdipe cherche le meurtrier et Tirésias lui découvre que c’est lui-même. Tirésias était un clairvoyant aveugle de Thèbes, fils d’Évérès et la nymphe Chariclo, l’un des deux devins les plus célèbres de la mythologie grecque (l’autre était Calchas). Quand Jocaste saisit la vérité, elle se suicide. Œdipe s’aveugle et il sort de Thèbes, guidépar Antigone et Ismène. Il parvient à Colone et y il meurt. Apollon lui promet que son tombeauva rester un lieu sacré.

Cocteau réalise La Machine Infernale prenant comme référence l’histoire du roi malheureux, et la divisant en quatre acts : «Le fantome», «La rencontre d’Œdipe et du Sphinx», «La nuit de noces» et «Œdipe roi». C’est une œuvre surprenant par son détours, il pose des questions troublantes en ce qui concerne l’usage des mythes et des éléments fantastiques, le slang contemporain et le théâtre comme une institution publique. Chacun des acts représente un moment dans la tragédie de Sophocle et son nom provient d’un aspect qui différencie la tragédie de la pièce théâtrale.

Ainsi, dans le premier acte, le fantôme de Laïos apparaît devant quelques soldats discutantsur la possibilité de s’offrir à tuer le Sphinx. Dans le deuxième acte, nous apprenons que le Sphinx et le dieu égyptien Anubis3 sont des amis, puis la rencontre d’Œdipe avec le Sphinx a lieu. Le troisième acte nous raconte l’histoire d’amour d’Œdipe et de Jocaste après leur mariage. Enfin, le dernier acte promulgue que le vieil Œdipe découvre que les conceptions des Oracles se sont rempliées. Dans la pièce, l’ironie tragique incarne une histoire beaucoup plus riche en détails : hipertextuelle (début du premier acte estune claire allusion à Hamlet4 de Shakespeare) ou intertextuelle, si nous mettons ensuite dans des problèmes relationnels qui peuvent être trouvés dans Antigone ou Œdipe à Colone (les deux autres œuvres de Sophocle dédiées à l’art œdipien). L’humeur de Cocteau, conduit parfois au ridicule extrême, approche le mythe d’une perspective contemporaine. Tel est le cas par exemple dans le deuxième acte, quand Œdipe parle avec Sphinx, et cela nous montre pourquoi le jeune perspicace connaît la réponse à son énigme: quand il a pris une forme d’une jeune femme dans la forêt. Le Sphinx est fatigué de dévorer les gens mortels et il veut capituler. Dans un grand dialogue avec Anubis, nous découvrons l’idée qui donne le titre à l’œuvre, les dieux sont cruels et ils ont créé une machine infernale avec Œdipe qui n’est coupable que d’exister. Cettemachine est nécessaire pour exécuter leurs plans. Cocteau analyse la vie d’Œdipe et arrive à la conclusion que c’est l’exigence des dieux qui fait que l’oracle se réalise, donc c’estce qui est une justice divine, et enplus, le dévoilement de la vérité sur l’assassinat de Laïos, c’est la justice divine et humaine. L’auteur même commence la pièce par des mots : « Les dieux existent : c’est le diable. »5

1 Jan Parandowski, Mitologia, Poznań, Wydawnictwo Poznańskie, 1989, pp. 150-151.

2Sophocle- poète tragique grec (Colone, près d’Athènes, entre 496 et 494 avant J.-C.– Athènes, 406 avant J.-C.). Encyclopedie Larousse : http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Sophocle/144853#RCzdBzQw83xLAOIt.99 [consulté le 29 mai 2017].

3Dieu égyptien des morts, Anubisest représenté comme un homme à tête de chacal. Après la première période de l’Ancien Empire, il a été remplacé par Osiris comme le dieu des morts, et relégué à un rôle de soutien comme dieu du culte des obsèques en particuliers des soins donnés aux morts c’est d’ailleurs lui qui a fabriqué la première momie avec le corps d’Osiris qu’Isis avait reconstitué. Il est aussi le gardien des cimetières et des nécropoles.Dans son rôle de psychopompe il est mentionné comme «le conducteur des défunts » ce qui lui vaut d’être assimilé à l’Hermès grec. Les grecs plus tard l’ont identifié avec Hermès, aboutissant à la déité composée d’Hermanubis.

4 Hamlet, est la plus longue et l’une des plus célèbres pièces de William Shakespeare, probablement représentée autour de 1600-1601. Cette pièce raconte l’histoire du prince du Danemark, Hamlet, qui devait venger la mort de son père, le roi du Danemark, qui a été assassiné par son oncle Claudius. En vue de ça il a composé un plan selon quoi il simulait la folie.

5 Jean Cocteau, La Machine Infernale, editions Bernard Grasset, Paris, 1979, p. 7.

Bibliographie

Jean Cocteau, La machine infernale, Paris, Éditions Bernard Grasset, 1979

Jean Chevalier, Alain Gheerbrant, Dictionnaire des symboles. Mythes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres, Paris, Robert Laffont/ Jupiter, 1991

Jean Boorsch, The Use of Myths in Cocteau’s Theatre, Yale French Studies, No. 5, The Modern Theatre and Its Background, 1950

Sophie Maruéjouls-Koch, Quand le théâtre s’inspire du cinéma : Jean Cocteau, Sergueï Eisenstein et Tennessee Williams, Transatlantica, 2015

Jan Parandowski, Mitologia, Poznań, Wydawnictwo Poznańskie, 1989

jeancocteau.net

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